De cierta manera

Un film de Sara Gómez

Le premier et unique long métrage de Sara Gómez, De Cierta Manera, est aussi le premier long métrage tourné par une femme à Cuba et l’un des rares à avoir été réalisé par une réalisatrice afro-cubaine. Mélangeant des images documentaires avec divers modes narratifs, le film critique de l’intérieur la Révolution en cours sous la forme d’une histoire d’amour. En se focalisant sur Yolanda, une jeune institutrice, et sa relation avec Mario, un ouvrier noir, Gómez montre comment le racisme, le sexisme, le culte de la virilité et les préjugés de classe menacent l’objectif révolutionnaire d’une société véritablement égalitaire.

Séance présentée et suivie d’un échange avec Federico Rossin

  • Docu-fiction
  • Cuba
  • 79'
  • 1974
  • ICAIC - Instituto Cubano de Arte e Industria Cinematográficos, Arsenal
  • Mario Balmaseda, Yolando Cuéllar, Mario Limonta, Isaura Mendosa, Bobby Carcasés, Sarita Reyes et les habitant du quartier Miraflores

Sara Gómez, première cinéaste cubaine afro-descendante et féministe

Le festival met en lumière le travail de cinéastes femmes qui ont marqué l’histoire du cinéma mais dont les films n’ont pas été distribués en salles et restent mal connus du public. En 2020, dans son édition consacrée au travail des femmes, le festival organisait une projection exceptionnelle du court métrage de Sara Gómez, Mi aporte. En 2026, le festival prolonge la découverte de cette cinéaste en consacrant une soirée spéciale à son premier et unique long métrage, De cierta manera.

Elle n’a vécu que 30 ans et pourtant, Sara Gómez a laissé une trace indélébile dans le milieu du documentaire cubain. Née en 1942 et décédée en 1974, elle est issue de l’intelligentsia noire de Cuba et est aujourd’hui considérée comme la première cinéaste féministe de l’île. Ses films sur les jeunes, les femmes, les afro-descendants et leurs cultures sont des portraits post-coloniaux d’une grande lucidité et fermeté morale et politique.

Sarita, comme on l’appelle à Cuba, a refusé toute obligation de neutralité et d’objectivité. Intervieweuse, elle apparaît dans ses films aux côtés de ses interlocuteurs, témoignant d’un besoin intime de vérifier leur bienveillance et leur franchise. Incarnant un urgent besoin de décolonisation à la fois politique, idéologique et identitaire, elle a toujours essayé de briser les liens de la société cubaine avec les valeurs de la tradition et du sexisme. (Federico Rossin)