Les prostituées de Lyon parlent

Un film de Vidéo Out

Juin 1975 : occupation de l’église Saint-Nizier à Lyon par un groupe de prostituées, avec la complicité du curé. Elles échappent à la police d’un État qui ne veut rien savoir de leurs revendications mais prend à cœur (et empoche) les amendes pour « incitation à la débauche ». Inspirée par la lecture de Prostitution de Kate Millet, la caméra de Carole Roussopoulos s’introduit dans l’isolement forcé des prostituées résistantes et recueille des mots et des images qu’elle diffuse le jour même à l’extérieur de l’église, sur une demi-douzaine d’écrans que des foules de passants observent avec un intérêt ambigu.

Séance présentée et suivie d’un échange avec Federico Rossin

  • Documentaire
  • France
  • 46'
  • 1974
  • Vidéo Out, Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

Collectif Vidéo Out

En 1969, Carole Roussopoulos est licenciée par Vogue. Son ami Jean Genet lui suggère un moyen de se libérer de tous ses patrons : la caméra portable, encore peu connue en Europe, lui permettra de filmer sans avoir de comptes à rendre à personne. Elle achète l’un des tout premiers modèles de caméra, le révolutionnaire Portapak de Sony. Ensemble, Carole et Paul Roussopoulos forment le collectif « Vidéo Out » qui se démarque du dogmatisme militant et des reportages journalistiques. Leur travail est démocratique, en ce sens qu’il donne aux personnes opprimées (en particulier aux femmes) le pouvoir de la parole, pour revendiquer et exprimer ce qu’elles pensent et désirent, tout en montrant l’écart entre la parole et la réalité. F.R.