Implantés au Sénégal, à la suite d’abord de l’arrivée de la street dance, du DJing et du rap, les graffiti dits « hip-hop » bien que derniers venus et moins mainstream que le rap par exemple, ont assez rapidement, différemment des cas de figure majoritairement observés dans le monde occidental, fait l’objet d’un accueil favorable de la part des populations locales. Cela est peut-être dû, en partie, à leur prime inscription dans des logiques d’expression citoyenne et d’utilité sociale.
De fait, les premiers graffeurs Sénégalais ont, dès leurs débuts durant les années 1990, porté et endossé un discours de porte-voix et de “sentinelles” attitrés de la population sénégalaise en usant à fond de la capacité supposée de la “commmunication visuelle” à tisser plus aisément des univers communs de sens, en transformant les murs “sales et enlaidis” du pays, singulièrement ceux de Dakar, en une vaste galerie à ciel ouvert. Pour ce faire, les graffeurs Sénégalais usent de registres multiples plus ou moins explicites, naviguent dans des « mondes de l’art » aux logiques quelquefois en tension, et essayent finalement de mettre en dialogue plusieurs défis : besoins d’un message aisément décodable, souci, esthétique et valorisant, de faire de sorte que ces messages soient des “masterpieces” reconnus, et possibilité de s’insérer, de valoriser économiquement certaines de leurs “pièces”.

