Récréations
Claire Simon
Faire collectif ? Voilà le sujet qu’abordent les films et le spectacle choisis pour cette programmation en direction des scolaires (écoles, collèges, centres de formation et d’apprentissage, lycées professionnels et généraux) et du jeune public. Récréations qui s’adresse aux plus jeunes est peut-être le plus emblématique. S’il n’y est pas question de travail, le film nous montre la constitution et l’appartenance à un groupe, la solidarité qui s’y exerce mais aussi les hiérarchies ou l’exclusion à l’œuvre, à travers les jeux des enfants dans une cour d’école.
Les autres films en écho à la thématique centrale montrent tous des groupes au travail, et si les cinéastes s’appliquent à filmer des groupes, ils rendent aussi à chacun.e sa singularité et son importance. Nous verrons comment une communauté en Bolivie essaie de défendre son travail agricole et ses manières de faire respectueuses de l’environnement (Mascarades). Comment la mobilisation de différents métiers permet de faire revivre un lieu d’exposition où la diversité du monde apparaîtra (Un animal, des animaux), comment un groupe de travail fait cause commune pour sauver des migrants en Méditerranée (Save Our Souls) ou comment des femmes de ménage s’allient pour sauver leur emploi et imaginent une autre organisation du travail où la démocratie et l’égalité sont au cœur de leurs réflexions (Le Balai libéré). Mais on verra aussi comment, appartenant à un groupe de travail, on peut ne plus en partager les méthodes, les « valeurs », et avoir envie de s’y opposer ou de s’en extraire (Ressources humaines et Palais de verre).
Faire collectif c’est aussi l’enjeu de l’éducation artistique et de la médiation culturelle. Les événements que nous proposons essaient de regrouper enseignants, élèves, artistes et chercheurs et de les faire dialoguer. Ils permettent de partager des productions artistiques et scientifiques et d’échanger ensemble à partir des émotions et réflexions qu’elles suscitent. Cette année ces pratiques sont particulièrement mises à mal, en raison de baisses budgétaires (baisse des sommes allouées à la part collective du Pass Culture qui permettent les interventions en classe et les sorties scolaires, baisse des budgets DRAC EAC).
Et le constat est douloureux : quand on voit des actions mises en place se réduire et se défaire, quand on doit intervenir face à 40 et non plus 20 élèves pour réduire les coûts, quand on remarque la baisse du nombre de réservations par rapport aux années passées, quand on doit annuler une intervention en classe ou une séance au cinéma sur laquelle on avait travaillé faute de moyens pour la financer, quand on partage avec les enseignants le découragement que cela cause, et la persévérance nécessaire pour essayer d’organiser quelque chose, et continuer malgré tout.
Pour leur engagement et leur participation, nous tenons à remercier les enseignant·es des écoles, collèges, centres de formations et d’apprentissages, et lycées qui accompagnent leurs élèves lors de ces séances. Seront présents cette année les établissements suivants : l’école Paul Blet (Poitiers), l’école du Planty (Buxerolles), le collège du Jardin des Plantes (Poitiers), le lycée du Bois d’Amour (Poitiers), le lycée Saint Jacques de Compostelle (Poitiers), le lycée polyvalent Nelson Mandela (Poitiers), le CFA de Saint Benoît, le lycée Branly (Châtellerault), et le B.U.T Techniques de Commercialisation (Châtellerault).
Claire Simon
Claire Simon
Jean-Baptiste Bonnet
Nicolas Philibert
Coline Grando
Laurent Cantet