Les murs qui parlent / Conférence

Graffiti hip-hop au Sénégal, sensibilisation citoyenne et insertion

Abdoulaye Niang et Noémie Goux

25 mars, 10h - Campus-MSHS

Implantés au Sénégal, à la suite d’abord de l’arrivée de la street dance, du DJing et du rap, les graffiti dits « hip-hop » bien que derniers venus et moins mainstream que le rap par exemple, ont assez rapidement, différemment des cas de figure majoritairement observés dans le monde occidental, fait l’objet d’un accueil favorable de la part des populations locales. Cela est peut-être dû, en partie, à leur prime inscription dans des logiques d’expression citoyenne et d’utilité sociale.

De fait, les premiers graffeurs Sénégalais ont, dès leurs débuts durant les années 1990, porté et endossé un discours de porte-voix et de “sentinelles” attitrés de la population sénégalaise en usant à fond de la capacité supposée de la “commmunication visuelle” à tisser plus aisément des univers communs de sens, en transformant les murs “sales et enlaidis” du pays, singulièrement ceux de Dakar, en une vaste galerie à ciel ouvert. Pour ce faire, les graffeurs Sénégalais usent de registres multiples plus ou moins explicites, naviguent dans des « mondes de l’art » aux logiques quelquefois en tension, et essayent finalement de mettre en dialogue plusieurs défis : besoins d’un message aisément décodable, souci, esthétique et valorisant, de faire de sorte que ces messages soient des “masterpieces” reconnus, et possibilité de s’insérer, de valoriser économiquement certaines de leurs “pièces”.

–> Suivi de la performance de Luca Fiore à 12h

  • Conférence introduite par Adelina Miranda (Laboratoire Migrinter) et animée par trois étudiantes du Master Migrations de Poitiers : Lisa Trohel, Ashley Kam et Marie Terzian Benichou
  • Entrée libre

Dans le cadre du cycle Arts, décolonisation et migrations

En partenariat avec le laboratoire Migrinter – CNRS, université de Poitiers ; le laboratoire MIMMOC, université de Poitiers, l’Espace Mendès France et l’Institut des Afriques.

En savoir plus sur les intervenant.e.s

Abdoulaye Niang

Abdoulaye Niang est socioanthropologue, enseignant-chercheur au Département des Métiers des Arts et de la Culture rattaché à l’UFR des Civilisations, Religions, Arts et Communication de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Sénégal, un département qu’il a dirigé de 2012 à 2016. Ses centres d’intérêt portent essentiellement sur les cultures urbaines et les mouvements sociaux de jeunes, les faits musicaux, les usages sociaux du numérique et les formes innovantes d’engagement citoyen, notamment en rapport avec des pratiques artistiques. Il s’intéresse en outre aux questions d’ordre épistémologique, théorique et méthodologique en sciences de l’Homme et de la société.

Abdoulaye Niang a été chercheur invité dans des institutions de recherche et d’enseignement supérieur en Afrique (Université de Sousse, University of Cape Town…), en Amérique du Sud (Universidade de São Paulo, Universidade Federal do Rio Grande do Sul …) et du Nord (Northwestern University, Rutgers University ; University of Victoria …), en Europe (Leiden Universiteit, Université de Bâle, EHESS…), etc.


Noémie Goux

Doctorante en géographie au sein de l’UMR Passages, de l’Université Bordeaux Montaigne, Noémie Goux est également membre associée de MIGRINTER et du LMI-Movida ainsi que fellow de l’Institut Convergences Migrations.

Ses travaux portent sur le mouvement migratoire, incarné et suggéré par des traces et marques, pensées comme un ensemble d’éléments infimes et sensibles. Cette étude, attentive aux indices et signes de présence, se situe à l’échelle de la ville depuis une approche sensible et micro-géographique, et tend à montrer que les traces et les marques sont des entrées singulières pour saisir les contextes et situations migratoires.