Résistances affectives, les politiques de l’attachement face aux politiques de la cruauté
(Éd. La Découverte, 2025)
Cet essai explore une dimension des soulèvements contemporains, qui est leur mode de pensée et d’articulation féministe, de Black Lives Matter à Femme, Vie, Liberté en Iran. Les façons de vivre et de survivre à travers nos attachements, et de les politiser, forment la texture d’une résistance qui est une expérience sensible et affective, face à la violence politique de basse et haute intensité, aussi bien qu’à de réelles politiques de la cruauté.
Pourquoi certaines morts soulèvent-elles des foules ? Comment les émotions et les relations peuvent-elles devenir des formes de résistance ? De Baltimore à Téhéran, de Buenos Aires à Delhi, cet essai traverse les soulèvements contemporains à partir de leurs matières sensibles, et déplie leur héritage féministe. C’est de là que part la question de la résistance affective, interrogeant ce que nos vulnérabilités, nos colères, nos attachements font à la politique. Il ne s’agit pas d’opposer l’émotion à la raison, mais de penser les affects comme une mémoire vive, un point d’appui et de riposte face aux
politiques de la cruauté.
De l’intime au collectif, l’enquête avance en suivant des points de tension (l’indignation, le deuil, la mémoire, les liens) qui tracent les chemins par lesquels on tient, on se relève et on répond. La colère face à une injustice, le chagrin qui ne passe pas, l’impression que ce qui compte est effacé : ce qu’on ressent est aussi politique – et ces expériences ordinaires nous invitent à porter attention à ce qui, en chacun, résiste déjà.