Les mobilisations et les luttes, organisées par et pour les populations étrangères et immigrées en France, s’insèrent à la croisée d’enjeux multiples : que ces mobilisations dénoncent des décisions politiques concernant le droit au séjour ; qu’elles accusent des conditions de travail difficiles et injustes traduisant des rapports de domination évidents ; qu’elles cherchent à donner un autre regard sur des lieux de vie relégués par la société et chargés de représentations sociales fortes ; tous ces moments collectifs œuvrent au travail de la reconnaissance de l’Autre et à réintroduire de la justice sociale.
L’histoire est jalonnée d’épisodes de visibilité sociale de ces collectifs : le Mouvement des travailleurs arabes (MTA), premier mouvement antiraciste autonome de l’histoire de l’immigration postcoloniale porte les luttes des années 1970 au sein de la scène publique et politique, tout comme le Comité de défense de la vie et des droits des travailleurs immigrés initié en 1972 qui organise la résistance face aux premières mesures d’expulsion prises à l’automne 1972, s’en suivent des grèves de la faim entamées par des travailleurs immigrés, soutenues par le comité. Plus récemment et localement, à Poitiers, le Collectif de coursiers sans papiers se forme pour défendre les livreurs et demander leur régularisation.
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–> En prolongement de ce Regards croisés, projection de deux films Jusqu’au bout du Collectif Cinélutte et Zone immigrée du Collectif Mohamed, le lundi 23 février à 18h30 au cinéma Le Dietrich